samedi 25 octobre 2014

Hier soir nous étions tous chez les Musgrove. Dans le tous, il y a avait évidemment Frederick. Je l'ai à peine croisé depuis l'autre jour dans la cuisine de Mary et William.

C'était une soirée assez agréable. Evidemment rien n'allait pour Mary, mais nous avons tous l'habitude de son humeur de chien. Je me demande comment Charles peut la supporter tous les jours. Elle n'est jamais contente, elle a toujours mal à la tête et surtout, elle se débarasse du petit Stuart dès qu'elle en a l'occasion. Charles lui a proposé de l'aider à retrouver un emploi.

L'autre soir, il m'a dit qu'il lui avait proposé de lui acheter une boutique, elle qui rêvait tellement d'avoir son propre magasin. Mais il m'a dit qu'elle avait refusé. Elle ne veux pas s'embêter avec ça, elle préfère rester s'occuper de Stuart. "tu te rends compte, me taper des clientes pénibles toute la journée ? plutôt mourir... comme si je n'avais pas assez de problèmes !"

Comme à peu près tout le monde, il m'a demandé d'essayer de faire quelque chose. Et je vais essayer à nouveau. Mais il va falloir que nous trouvions autre chose parce que j'ai beau essayé, il ne se passe jamais rien.

Bref, la soirée.

Nous n'avons pas vraiment parlé. Il était accaparé par Louisa et Henrietta. Elles sont folles de lui en tous cas. Je ne peux pas vraiment leur en vouloir. Il est très mignon et sympathique avec tout le monde. Qui n'aurait pas envie de flirter avec lui ?

Enfin à part moi parce que si je faisais ça, de un j'aurais quand même l'air d'une sacré pétasse et de deux, il me rirai au nez. Aussi, je me ridiculiserai totalement. Comme si je n'étais pas assez ridicule en ce moment...

A la fin de la soirée, j'allais rentré au cottage quand Louisa et Henrietta ont parlé d'aller au pub de Sarah. Le Vendredi, elle organise des soirées et du coup, il ferme à 1 heure du matin. J'ai cru que j'allais y échapper, mais apparemment elles ne voyaient pas ça d'un bon œil.

Alors nous sommes partis, tous les 4. Oui tous les 4. J'étais à l'arrière avec Louisa et Henrietta était devant avec Frederick.

Et pour rajouter  un peu plus d'awkwardness à tout ça, sur le parking en arrivant, nous sommes tombés sur Alex Hayter. Visiblement, il n'était pas ravi de voir Henrietta plus que pompête, accrochée au bras de Frederick. J'ai voulu le saluer, mais il a détourné le regard ultra rapidement. Henrietta n'a rien vu, mais Louisa a fait " ho ho" l'air inquiet et ensuite elle est allée lui parler.

Henrietta avait dit à Alex qu'elle n'avait pas le temps de le voir cette semaine parce qu'elle faisait des dossiers pour des stages à Londres. Pas vraiment raccord avec la robe à paillettes et les semelles compensées qu'elle portait.

Une fois à l'intérieur, j'ai voulu aller commander mais Fred s'en est chargé pendant que nous cherchions une table. Et là, il s'est passé un truc très étrange, il a ramené des bières pour eux trois, et moi il m'a ramené un Pims. Comme ça, sans rien dire, sans même me regarder il a mis un pims devant moi et est parti danser avec Louisa et Henrietta.

Il ne me parle pas, il me vouvoie et paf, d'un coup il se souvient que j'adore le Pims. Je ne le comprends vraiment pas. A quoi ça sert de se la jouer hyper distant si c'est pour me ramener un Pims ? A quoi ça sert de me ramener un pims pour que je reste assise à la table à garder les sacs après ?

Je vous embête avec ces histoires, mais je ne peux pas en parler avec Sarah. Si je lui en parle, si je lui raconte que Frederick et moi nous sommes sortis ensemble il y a quelques années, ça va faire le tour de la ville en moins de temps qu'il en faut pour le dire.

De toutes façons, tout ça c'est n'importe quoi. Il ne s'est absolument pas intéressé à moi du reste de la soirée. Et à un moment j'étais avec Alex Hayter accoudée au bar. Il était toujours vexé et énervé. Il a dit plein de mal de Frederick, genre " bellâtre londonien à la noix, artiste de mes deux " et j'ai rien fait d'autre qu'acquiescer.

Autant vous dire qu'à ce moment là, le pims était loin derrière moi et que je l'avais totalement oublié.

Sarah m'a ramené chez moi quand elle a fermé le pub pour qu'ils n'aient pas à faire un détour. Elle n'a rien demandé. Si elle demande, je dirais que Daniel m'a encore relancé et que j'ai bu pour oublier.

Pas parce que j'ai entendu Frederick dire à Louisa qu'il m'avait croisé il y a une petite dizaine d'années et que j'avais tellement changé qu'il ne m'aurait pas reconnu.




lundi 20 octobre 2014

Cristina est passée hier soir. C'était la première fois qu'elle passait au cottage depuis que j'ai emménagé. Elle a beau trouver ça charmant, je sais très bien qu'elle désapprouve totalement mon choix.

Je suis une Eliott et vivre dans une maison de 70m2, ce n'est pas mon standing. Parfois je me demande si elle ne m'en veux pas plus qu'à mon père. Si fautif il y a, c'est tout de même lui le principal intéressé. Il a dépensé son argent n'importe comment et a toujours refusé d'écouter les conseils avisés qu'on lui donnait pour sortir notre compagnie du marasme.

Elle buvait son thé en me parlant de la couleur des rideaux, quand soudain, au détour d'une conversation sur la qualité des tissus de chez Laura Ashley, elle m'a demandé si j'avais déjà vu Frédérick.

J'aime vraiment bien Crisitina. Je l'ai peut être trop écouté par le passé, mais je l'aime bien. Elle a toujours sincèrement voulu notre bien à tous, même si elle pense qu'Elizabeth est une peste sans coeur et que Mary a le Q.I d'une huitre au repos. Peut-on vraiment dire qu'elle a tort à ce propos ?

Cela dit, du moment où elle a passé la porte, j'ai su qu'elle venait pour m'en parler, et j'ai observé son petit manège en me demandant combien de temps il allait durer.

Vous voulez savoir combien de temps il a duré ? 37 minutes et 42 secondes.

Qu'ai-je répondu ?

Que oui, je l'avais vu. Et que oui, je lui avais parlé et que lui aussi. Je n'ai pas jugé nécessaire de lui dire que soudain il m'appelait Mlle Elliot et me vouvoyait comme si on ne se connaissait pas. Mais que pas loin de 10 ans avaient passé, et que ni lui, ni moi n'étions les mêmes.

Elle a eu l'air soulagé. Ni elle, ni moi n'avons jugé bon d'évoquer le fait que c'est en partie parce que je l'ai écouté que Fred et moi avons rompu. Enfin que j'ai dit à Fred à la dernière minute que j'avais accepté d'aller finir ma thèse aux Etats-Unis et qu'il allait donc repartir à Londres sans moi.

La veille de notre départ.

Comme une salle garce.

C'est avec ce genre de petits détails qu'on comprend pourquoi les gens nous détestent.

vendredi 17 octobre 2014

Keep calm and talk to Fred Wentworth.

Aujourd'hui, Frederick a débarqué à l'improviste alors que je passais voir Mary.

Voilà, ça s'est fait.

Mary était comme une dingue parce que quelqu'un de vaguement connu était dans sa cuisine et moi j'étais juste moi. C'est à dire que j'ai pensé à sauter par la fenêtre pour faire comme si je n'étais pas là.

Si j'avais pu faire assez vite, il ne m'aurait pas vu et j'aurais pu tirer un jour de plus à l'éviter par tous les moyens possibles.

Enfin je suppose que c'est mieux comme ça. Je n'allais pas continuer à inventer toutes les maladies possibles et imaginables pour ne pas le croiser.

C'était très bizarre. Il a était étonné en me voyant et m'a appelé Mademoiselle Eliott. " Mademoiselle Eliott, vous allez mieux. Isabella et moi pensions que vous alliez rejoindre votre famille à Bath pour profiter du bon air ce week-end".

Depuis quand est-ce que Frederick Wentworth me vouvoie comme si j'étais une parfaite inconnue ?

Ah oui, je sais, depuis qu'il me déteste.

Après il ne m'a pas trop parlé. Enfin un minimum, il attendait William pour aller chez les antiquaires dont il lui a parlé apparemment mais William n'était pas rentré.

Nous avons passé une vingtaine de minutes dans la même pièce. Au moins les prochaines fois, ça sera plus facile. Même si j'aimerais mieux qu'il retourne à Londres dès demain matin et que je n'ai pas à revivre de moments aussi long et génants.

Mary n'arrêtait pas de parler, au moins il n'y avait pas de longs silences. Ils parlaient tous les deux et parfois je l'observais. Et bien lui, il ne m'observait pas du tout. Mais alors pas du tout.

Prends toi ça dans la gueule Anne Eliott, il n'en a plus rien à faire de toi. Il ne te mate même pas en douce, tu es juste une vieille fille à la noix.

Lui par contre, il était vraiment très mignon. Et il va certainement devenir le plus grand designer de sa génération, genre Philippe Stark en moins pédant. Enfin j'espère.


dimanche 12 octobre 2014

Je m'aperçois qu'avec l'arrivée surprise de Fréderic Wentworth, je ne vous ai pas parlé de mon cottage.
Mon petit cottage d'amour rien qu'à moi.

Situé juste à côté de House of Holland.

Duquel on ne voit absolument pas Kellynch Hall, ni ses habitants.

Non à part ça il est charmant et je n'ai besoin de personne pour le redécorer. Je crois qu'il doit faire 80m2 à tout casser, ce qui est déjà plus qu'honorable.

J'ai ramené quelques meubles de Kellynch qui appartenaient à Maman. Mais les pièces sont beaucoup plus petites et basses de plafond qu'à Kellynch, alors c'est vraiment des petites choses, comme son fauteuil et son secrétaire.

Mais je m'y sens incroyablement bien. J'ai commandé un de ces canapés moelleux sur internet et je suis allée acheter des trucs pratiques chez IKEA. Ah la la, ma virée là bas avait le goût de l'interdit.

Les Elliot sont fier de ne pas donner dans le commun et le vulgaire mais je m'en contre fiche si vous saviez !

Voilà déjà ce à quoi ressemble l'endroit où je mange


Le reste n'est pas encore vraiment organisé, mais Sarah vient prendre le thé alors ça ira bien pour le moment.


samedi 11 octobre 2014

Ce matin Mary m'a téléphoné. Elle n'appelle jamais, c'est Charles qui le fait.

" Charles peux-tu demander à Anne de venir ? Je suis tellement mal tu sais..."

Bref, elle m'a parlé de Frederic. Il est arrivé hier tu sais. Tu te rends compte, c'est quelqu'un de très influent dans le monde du design... il faudrait qu'on donne une réception en son honneur tout de même... Il est charmant, nous l'avons croisé hier soir chez Moses. Il est vraiment bel homme, dommage que je sois mariée...

Blablabla

Lui et les Croft viennent diner ce soir. Il faut que tu viennes. Nous devons représenter la famille

Blablabla

Mets donc ta robe verte.

Blablabla

- Oh Mary ce serait avec plaisir mais j'ai affreusement mal au ventre... tu sais ce que c'est, être une femme parfois...

- Oh oui ma pauvre, Charles ne comprends jamais que je sois de mauvaise humeur. Repose toi bien, nous nous occuperons bien de lui... J'imagine que je vais devoir demander aux filles d'animer un peu la soirée...

Blablabla"

La vérité, c'est que Mary est de mauvaise humeur 3 jours sur 4 et que je prends la pillule pour ne plus avoir mal au ventre quand j'ai mes règles.

Dieu bénisse le secret médical.
A cette heure ci, ils doivent bien s'amuser et moi je regarde Downton Abbey en replay.

J'ai mis une bouillotte sur mon ventre, on ne sait jamais, quelqu'un pourrait débarquer au cottage sans prévenir.

jeudi 9 octobre 2014

Apocalypse Now

Vous savez quoi ?

Fred Wentworth arrive ce week-end.

Super. trop bien. Mega cool.

Apparemment il est très pressé d'arriver parce qu'après il a tellement tellement tellement de choses à faire...

Peut-être qu'il va vraiment partir à New-York. Ou à Vladivostok, ou à Bombay. Je suis sûre qu'un Marajah a lu son interview dans le Times et qu'il a décrété qu'il devait refaire la décoration de son palais.

Enfin, ça veut dire qu'il ne va pas rester ici très longtemps. Si je la joue assez finement, je ne le croiserai qu'une ou deux fois.

Des tas de choses peuvent me tenir éloignée de lui.

D'abord, j'ai beaucoup de travail. Oui vraiment beaucoup. Et comme le cottage est à 5 minutes à pieds de l'usine, je n'ai aucune raison de trainer vers Kellynch pour passer le voir.
Et lui n'a aucune raison de passer vers l'usine, sauf s'il va voir les Musgrove. Ce qui se produira forcément, mais une ou deux fois.

Les températures chutent. Je vais tomber malade le week-end. Bye Bye les parties de campagnes.

Et puis bon, voir Kellynch en travaux, ça va me remuer. Je suis très sensible. Très sensible. Tout le monde le sait.

Je gère ça d'une main de maître vous voyez.


mercredi 8 octobre 2014

Les Croft sont si gentils. Ah si seulement Leslie n'était pas la soeur de Fred... tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Hier soir, ils ont tenu à ce qu'on aille manger au pub avec le personnel de Kellynch. Ils voulaient même que je reste dormir à Kellynch, et que je ne déménage pas au cottage. Mais ce n'est pas possible. Il y a la place, mais sincèrement j'ai aucune envie de croiser Fred dans les couloirs tous les matins, avec ma tête de jeune trentenaire déconfite. Alors que lui ressemble à un Apollon. Et s'il vient avec sa copine, vous imaginez un peu le truc... Peut-être que je pourrais demander à un de mes contacts à New-York de l'engager sur un projet qui dure des années. Comme ça il n'aurait plus le temps d'aider Leslie et Harrold. Oh oui je vais faire ça ! Ce sera ABSOLUMENT PARFAIT ! ( Ma pauvre fille, tu es complètement complètement complètement tarée) (complètement)

mardi 7 octobre 2014

Papa et Elizabeth sont parti ce matin. La maison est tellement... vide. Bien sûre, nous n'utilisions plus toutes les pièces, mais ça fait quand même vraiment très très bizarre. Les Croft arrivent dans l'après-midi. Le camion de déménagement doit les précéder. Je crois d'ailleurs que je l'entends arriver. Je vais aller voir ça.

mercredi 1 octobre 2014

What are the odds ?

Oh Mon Dieu, Oh Mon Dieu... Oh Mon Dieu.

Vous savez à quel point j'étais contente parce que les Croft ont l'air d'être adorable et que je suis sûre qu'ils feront un super bed and breakfast à Kellynch, sans rien dénaturer ni rien du tout...

Mais il y a un gros problème. Une énorme baleine sous un énorme caillou. Leslie Croft... Leslie Croft est la soeur de Frederick Wentworth. Et Frederick Wentworth est cet ex petit copain que j'ai un peu du largué avant de partir en Amérique parce que ça ne menait nulle part que je sorte avec un boursier.

S'il n'était que son frère qui viendra à l'inauguration, ça serait vraiment vraiment déjà horrible. Mais là, il va aider sa soeur à faire toute la décoration d'intérieur. Ca ne va pas être juste un type qui viendra le week-end en été, ça va être le mec que je vais croiser partout en ville, et qui sera invité chez tous nos amis pendant plusieurs semaines.

Heureusement, Elizabeth et Papa ne se souvenaient ni de son nom, ni de son existence parce qu'ils n'ont rien dit quand les Croft sont venus. Il n'y avait que moi qui suis devenue blanche comme un linge.

Je suis sûre qu'il m'en veut parce qu'en fait une fois où j'étais à Londres, on s'est recroisé. C'était à une soirée pour une association de charité que les parents de Daniel finançaient. Il était là, à quelques mètres de moi, et quand il m'a vu, il a fait un pas en arrière. Et sur son visage il y avait cet air qui disait " Je te déteste espèce de pute sans coeur" J'ai essayé de lui sourire, mais il n'a pas fait cet effort. Il a salué tous les gens autour de moi sauf moi, et il est parti vers un autre groupe de gens.

J'ai essayé de lui parler à un autre moment de la soirée, je voulais lui dire " Hey je suis désolée, j'ai agi comme une merde finie", mais je n'ai pas osé aller jusqu'au bout. Il restait toujours à côté d'une fausse rousse un poil vulgaire et je me suis dit que forcer les choses ne servait à rien.
Il me détestait assez pour que je n'en rajoute pas avec un " Hey bonjour mademoiselle la fausse rousse, je suis sortie avec votre petit-ami il y a cinq ans. Et vous, vous faites quoi dans la vie ?"

Peut-être que je peux décider d'aller vivre à Bath avec papa et Elizabeth... et abandonner House of Elliot alors que j'ai enfin la chance de pouvoir y faire quelque chose de bien ? Sarah me tuerait. Toute l'équipe me tuerait et ils fairaient disparaître le corps pour qu'on ne sache jamais ce qui m'est arrivé.

Je suis pathétique.

Et pourquoi est-ce qu'il vient ici ? Il ne peut pas avoir oublié que Kellynch c'est la maison de cet affreux bonhomme qui ne voulait pas que sa fille sorte avec lui parce que ce n'était pas un archiduc.

Vous savez quoi ? Life is a bitch, and at the end, you die.