samedi 16 août 2014

Love Letters.

Daniel m'a envoyé un mail ce matin. Il semblerait que je lui manque. Avant mon départ, ça faisait des mois que nous nous parlions à peine et là je lui manque. Il a trouvé un super poste à Boston et aimerait que je le rejoigne.

J'ai rencontré Daniel alors que je donnais des cours dans un lycée public à Boston. J'avais décidé de faire une pause dans mes recherches et mon accent oxbridgien et moi, nous sommes allées nous frayer avec la populasse comme dit si bien Papa.

Daniel était mon référent à la fondation pour laquelle je travaillais. En fait, Daniel est la fondation qui m'employait. Enfin ses parents le sont et il le deviendra un jour. Quand j'ai annoncé qu'à Noël, je venais passer quelques jours de vacances avec un presque Kennedy, je peux vous assurer qu'on s'est souvenu que j'existais ici.

Mon précédent flirt était un étudiant des beaux-arts qui était venu faire une mission d'interim en packaging chez House of Eliott. Un "type sans avenir" selon mon père. Ma soeur refusait presque de lui adresser la parole et même Christina Russel n'était pas très enthousiaste. Mais moi je l'aimais vraiment vraiment bien. Je crois qu'il travaille dans une super agence de design à Londres et qu'il a gagné quelques prix. (Oui en fait, je le sais, je l'ai googlé)
Enfin bref, devant l'enthousiasme de ma famille et de mes amis ici, j'ai préféré rompre quand il a fini sa mission. Il voulait que je vienne avec lui à Londres, il était admis à Saint Martin avec une bourse. J'aurais pu faire une thèse au Royal College, mais j'étais admise au MIT et c'était aussi l'occasion de m'échapper de toutes ces mondanités à la noix. 

Pendant de nombreuses années, Daniel et moi avons été très heureux. Je l'encourageai à bien dépenser l'argent de sa riche famille, il m'encourageait dans ma thèse et mes projets de recherche. J'ai pu travailler chez Elizabeth Arden. Puis faire une excellente formation en marketing quand je lui ai dit que j'aimerais bien aider House of Holland à ne pas dépérir. 

C'était le petit ami parfait, nous étions un de ces petits couples de bonne famille parfait, avec nos soirées de charité pour les déshérités et le parti démocrate. (Sur la seule photo de moi que mon père a encadré, je suis en robe de soirée et je parle à Michelle Obama)(Elizabeth en était verte de jalousie)

Mais au bout de 5 ans, nous n'avions plus rien à nous dire à part parler boulot et fondation. On était plus collègues qu'autre chose. Je me suis mise à me souvenir que je n'avais jamais songé à rester toute ma vie aux Etats-Unis, que je n'étais pas fan de New York où on s'était installé et que je m'achetais des boules quies pour ne plus entendre les ronflements de Daniel.

Ma décision ne l'a même pas choqué. J'ai fait mes bagages, j'ai dit au revoir à mes amis et mes collègues, et deux mois après, je suis rentrée. Et lui, il est sorti avec une mannequin blonde de 19 ans. Mais je mettrais ma main au feu qu'en vrai, elle en a à peine 17.

J'ai eu le droit à un nombre incalculable de critiques pour avoir laissé tomber un mec aussi génial que Daniel. Dans la bouche de ma soeur, génial est synonyme de super super riche, bonne famille, grandes propriétés, villa dans les Hampton, country club et polo Ralph Lauren. 

Je vais réléchir un peu à ce que je pourrais lui dire. Après tout, je m'étais laissée 1 an pour remettre la compagnie sur pieds, et on ne peut pas dire que ça marche. Peut-être que je devrais partir le rejoindre. Les choses seraient plus simples.


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