Ok.
Tout va bien.
Tout va bien
Le mec que j'ai vu hier soir, qui rentrait dans l'Hôtel du Palais ne ressemblait pas du tout à Frédéric. C'était Frédéric.
Comment je l'ai su ? C'est Mary qui me l'a dit
" Mais oui il était avec nous dans l'avion. Il a un projet ici pour refaire la décoration d'un restaurant... Il dit que ce n'est pas grand chose, mais Sophie est folle de joie pour elle. C'est un gros contrat. C'est le Conran de notre génération...
... Et cette sotte de Louisa qui s'est détachée de lui... j'espère que son mal de crane va bientôt lui passer... Je pense qu'il est venu ici pour réfléchir à tout ça. Ces deux dernières semaines, je l'ai vu passé beaucoup de temps avec ce Benwick machin... Il est si taciturne... Je ne vois pas ce qu'elle lui trouve, pas du tout. Il est venu pour étudier je ne sais plus quel animal...Vraiment, c'est d'un ennui...Tu ne trouves pas Harriet, que Benwick est triste ?"
Louisa a levé les yeux au ciel et a déclaré, en essayant de garder son calme, que sa soeur faisait bien ce qu'elle voulait. Et que pour l'instant, elle avait envie d'être au calme après son accident de voiture. Et que Peter n'était qu'un ami; pas le plus fanfaron, mais pas le pire. D'ailleurs, c'est Frédéric lui même qui lui a proposé de venir et il dort gratuitement à Kellynch. Et Frédéric n'est là que pour le week-end. Il repart lundi matin. Elle a bien insisté là dessus. Comme Louisa ne peut pas voyager, il n'avait pas envie de s'absenter trop longtemps.
J'ai cru 13 secondes que peut-être... 13 secondes ma foi bien agréables.
Et je ne vais pas le voir. C'est très bien ça.
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Allez hop, on oublie tout ça. Cet après-midi, on va faire les courses de noël. Evidemment Olympia vient, comme ça elle pourra nous donner des cours sur ce qu'il faut acheter absolument pour ne pas être trop ringard. Cette fille est encore plus snob que ma soeur.
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Et bien tomber sur Frédéric dans un salon de thé, ça c'est fait.
Résumé : il pleuvait à verse. Mary et Elizabeth ne voulaient pas rentrer à pied. Elles avaient au moins 27 sacs chacune, plus ceux d'Olympia.
On s'est réfugiée chez Dodin, où il restait miraculeusement une table assez grande pour toutes nous accueillir. C'était très bien et leur chocolat chaud est vraiment divin.
Et puis en m'approchant de la vitrine des pâtisseries, je l'ai vu. Il était assis seul à une table, il lisait des documents avec l'entête de l'Hôtel du Palais en faisant des annotations. C'est dingue cette faculté qu'il a, de n'être dérangé par rien quand il travaille. Il avait beau être à l'écart, la salle principale était tout de même très bruyante.
ALors je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je me suis approchée de lui et j'ai sorti mon plus beau sourire pour le saluer. Il était très surpris, mais content. Il avait ce sourire de grand garçon tout simple qui me plaisait tant quand on était étudiant.
" -Oh, Anne...
- Oui, oui c'est bien moi. Ne fais pas cette tête ! C'est drôle de te voir ici
- A Biarritz ? Ah oui... je je... je ne suis pas venu ici pour t'espionner. Je suis venu pour...
- ... ton travail. Oui je sais. Je suis toujours la soeur de Mary tu te souviens ? Et elle nous a dit pour l'avion tout ça...
- Ah oui ? C'est ta soeur ? Je m'en souviens c'est vrai, maintenant que tu le dis ! (notez la pointe d'humour, j'étais plus aux anges que jamais)
- Je veux dire, chez Dodin, en fait... tu t'es transformé en petite mamie ou en touriste plein aux as ( et là j'ai eu envie de me taper parce que techniquement, il est quand même un peu un touriste plein aux as maintenant)
- Ah ah non... je suis venu acheter des chocolats pour ma soeur avec un type de l'hôtel, et comme il pleuvait, on s'est arrêté. Mais il a été appelé pour une urgence, et moi je suis resté pour observer la Grande Bourgeoisie dans ses lieux de villégiatures...
- Et moi je suis juste venue avec mes sœurs, ai je dit en me retournant vers elles sans qu'elles me voient, et un peu génée
- Pardon, je ne disais pas ça pour toi... ni pour vous... je je... enfin tu sais..."
Il me regardait avec un regard penaud, comme s'il ne savait plus quoi dire tellement il était désolé.
J'allais essayer de dire quelque chose, pour lui faire comprendre que je ne lui en voulais pas du tout, et c'est à ce moment là qu'un serveur m'a demandé si j'avais fait mon choix de gâteau et où je voulais le manger.
C'est là que je me suis souvenue que je lui avais dit que j'allais regarder les desserts avant de choisir. Et que je n'avais plus du tout penser à manger dès que j'avais vu Frédéric.
" Je te conseille le gâteau du chef, il est délicieux. Je suis sûre que tu aimeras" a't'il dit " Enfin, si tu veux me faire confiance" ( Il avait cette voix toute douce...
- Oui, oui je te fais confiance... je vais rejoindre les filles, elles vont se demander où je suis passée et venir te déranger... Tu, tu restes longtemps ?
- Non je repars demain passer les fêtes avec ma soeur.
- A bientôt à elle, salue là de ma part. J'ai hâte de la revoir"
Et je suis retournée m’asseoir à la table où personne n'a fait attention à moi.
Une heure plus tard, il pleuvait de plus en plus et Elizabeth a décidé d'appeler William pour qu'il vienne nous chercher avec son 4x4.
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